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27/03/2014

Transcription mot pour mot: Déclaration de Blé Goudé à la CPI, 1ère comparution, 27mars2014

Blé Goudé, CPI, détenu politique"Merci, Mme la Juge. Je voulais d’abord dire que je suis content d’être là. Pour le respect que j’ai pour les victimes, toutes les victimes de la crise qui a secoué mon pays, je suis content d’être là dans l’affaire qui m’oppose au procureur pour que la vérité soit sue afin que cessent les murmures.

Madame la Juge, je ne veux pas être libre de mes mouvements physiques, pendant que ma conscience innocente accusée à tort d’être la base de tous les torts, pleure au dedans de moi. Madame la Juge, à une certaine opinion qui estime, à tort ou à raison, que le voyage à la CPI est un voyage de non-retour, je pense qu’un citoyen qui est suspecté par la Cpi peut venir ici, faire l’objet d’un procès et s’il est innocent peut repartir chez lui. Et je sais que je repartirai chez moi. Madame la juge, je n’ai pas été remis à la Cpi dans les normes. Je voudrais le noter. J’ai été arrêté de manière cavalière au Ghana, surpris dans mon sommeil, emmené manu militari au Bureau National d’Investigation, mis dans un véhicule sans qu’on me dise où on m’emmène. C’est pendant que nous roulions que je me suis rendu compte qu’on me ramenait en Côte d’Ivoire et pourtant les choses pouvaient se faire dans les règles de l’art. On ne m’a pas permis de parler à un avocat, mes droits élémentaires ont été violés, Madame la Juge. Je voulais que cela soit noté.

Blé Goudé, CPI, détenu politiqueDans mon pays, avant qu’on me remette à la Cpi, pendant 14 mois, j’ai été séquestré, Mme la Juge. Je ne pouvais voir personne et personne ne pouvait me voir, Mme la Juge. J’ai fait 10mois dans un violon, nu. Je n’étais bien nourri. Mme la Juge, Chaque soir, je devais chercher un morceau de viande solitaire dans une marre d’eau abusivement appelé soupe.




Mme la juge, chaque fois qu’on devait me déplacer, on me bandait les yeux avec un morceau de pagne, on me mettait une cagoule. A part la DST dans mon pays où j’ai fait près de 9 mois et demi dans un violon avec pour voisins Jean Yves Dibopieu et Jean Noel Abehi, les autres lieux où on m’a détenu, j’avais toujours les yeux bandés et jamais je n’ai su où j’étais. Madame la Juge, c’est tout dernièrement qu’un après-midi mon geôlier est venu pour me coiffer. Ils sont venus dans la chambre avec des bagages. Ils m’ont amené au sous-sol tout l’après-midi et c’est quand nous sommes remontés que je me suis rendu compte que la chambre était d’une propreté sans pareille. Ils ont rangé des livres, ils ont rangé tout ce qu’il y avait à ranger et ils avaient un appareil photo et ils ont commencé à me photographier. Ils me disent: « il faut sourire » puis je souris, « fais comme si tu étais entrain de lire » et je lis. C’est plus tard que je me suis rendu compte que c’était une mise en scène que le ministre de l’intérieur de mon pays venait de faire. Madame la Juge, j’ai été réveillé le 21 mars à minuit, on m’a bandé les yeux, on m’a mis une cagoule, on m’a mis dans un véhicule. De minuit jusqu’au matin, j’étais assis dans une chaise, les yeux bandés, la tête encagoulée et c’est le matin qu’on m’a enlevé la cagoule que je me suis rendu compte que j’étais à la DST à nouveau. Mis dans un véhicule, on m’a conduit chez le procureur. Madame la Juge, c’est là qu’on m’a signifié votre mandat d’arrêt. Le même jour, au pas de course, les autorités de mon pays ont fait siéger la chambre d’accusation qui devait approuver mon transfèrement. Madame la Juge, c’est comme ça que j’ai été remis le lendemain à la Cpi. J’estime qu’on peut faire la politique avec élégance, avec sagesse et que la prison n’est pas un instrument pour briser le moral de ses adversaires politiques. On n’utilise pas la prison pour cela. Quelqu’un est accusé, avec tous ses droits, on peut le mettre en prison et s’il est reconnu coupable, il est condamné.

Blé Goudé Charles, CpiEt je voulais vous dire (il mit la main gauche sur le cœur et il leva la main droite, Ndlr), dans cette cour où je suis, si je suis reconnu coupable, que la loi me soit appliqué dans toute sa rigueur. Mais si je suis jugé pour ce que j’ai fait et non pour ce que je suis, que je sois reconnu innocent et que je reparte chez moi. Et je sais que je repartirai chez moi. Car dans mon pays, on me traque, on traque ma famille, on fait un chantage à ma famille biologique et politique, mon médecin en prison, tous mes collaborateurs emprisonnés pas pour ce que j’ai fait mais pour ce que je suis. Parce que si on devait me poursuivre en Côte d’Ivoire pour ce que j’ai fait, il y a beaucoup de personnalités proOuattara qui ne peuvent même pas me regarder en face.



Blé Goudé, CpiMadame la Juge, je ne veux pas être la honte de ma génération, je ne veux pas être la honte de ma famille et de mes enfants. Je suis venu ici et je me considère en mission pour la manifestation de la vérité. Je suis proGbagbo et je suis fier de l’être. Je l’étais hier, je le suis aujourd’hui. Madame, j’ai appris avec Gbagbo le dialogue, j’ai appris avec Gbagbo la réconciliation, j’ai appris avec Gbagbo qu’il faut convaincre l’adversaire et non le vaincre et pour cela, je suis pour la manifestation de la vérité se fasse. Madame la Juge, que la paix soit en Côte d’Ivoire et que la Côte d’Ivoire ne s’embrase pas à cause de moi. Je vous remercie."

Juge CPILA JUGE POSE UNE QUESTION à BLE GOUDE : "Avez-vous une requête additionnelle à formuler sur vos conditions de détention ici à la Haye? "

 

 

 

 

Charles blé Goudé, cpiL’accusé Charles Blé Goudé répondit : "Je suis venu à la Haye, c’est ici que j’ai appris qu’un individu peut avoir des droits qui lui sont reconnus et je voudrais vous remercier pour ça, d’ailleurs. Je suis bien traité ici et je suis animé d’un double sentiment parce que quand on m’emmenait à La Haye ici, beaucoup ont pleuré et pourtant en Côte d’Ivoire, je vivais le calvaire. Chaque jour, je vivais dans l’angoisse, chaque minute était un combat. J’étais comme un objet dont on disposait quand on voulait et comme on voulait. J’en avais honte pour mon pays et pour mon continent. J’ai été logé, je ne peux pas demander qu’on me loge dans un hôtel à quatre étoiles. Un prisonnier est un prisonnier dans tous les cas et je suis préparé à cela, je suis prêt. Mais j’ai quelques observations à faire avec mon avocat. Mais je souhaite pour le respect que j’ai pour la Cour qu’on vous en parle à huis-clos, Madame la Juge. Je vous remercie."

 

 

La vidéo: Charles Blé Goudé fait cette déclaration à partir de 13mn35s de cette vidéo


14:58 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/03/2014

L’infirmier détenu politique ESSIS ESMEL JACQUES a des troubles de mémoire dus aux conditions de détention

ABIDJAN - Après un an passé à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan(MACA), les conditions inhumaines de détentions ont affecté l’infirmier détenu politique à la MACA, M. ESSIS ESMEL JACQUES. "Il  est devenu fou", a déclaré un de ses proches. Il est interné au CHU de Cocody, depuis le 12mars2014, au 10ème étage porte6 pour trouble mémoire. L’infirmier détenu politique à la MACA, M. ESSIS ESMEL JACQUES délire et raconte les tortures et autres calvaires perpétrés par les FRCI sur les détenus politiques.

 

L’infirmier détenu politique à la MACA, M. ESSIS ESMEL JACQUESL’infirmier détenu politique à la MACA, M. ESSIS ESMEL JACQUES est tout heureux de recevoir des médicaments pour détenus politiques, avant sa crise de trouble de mémoire. Février2014

 

 

 

 

 

L’infirmier détenu politique à la MACA, M. ESSIS ESMEL JACQUESPendant son incarcération, L’infirmier détenu politique à la MACA, M. ESSIS ESMEL JACQUES s’occupait quotidiennement de ses codétenus politiques. Février2014 

08:21 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/03/2014

Le FPI prend acte de la rupture du dialogue décidée par le régime Ouattara

FPI, Rupture du dialogueDéclaration

007/2014

 DECLARATION DU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DU FPI SUITE À LA RUPTURE DU DIALOGUE POLITIQUE PAR LE GOUVERNEMENT 

 

Le Secrétariat Général du Front Populaire Ivoirien (FPI) s’est réuni au siège provisoire du parti, (ex QG de campagne du Président Laurent GBAGBO sis à Attoban commune de Cocody)  ce jour, samedi 22 Mars 2014 de 10 H à 13 h. Après une analyse et un examen minutieux de la situation nationale caractérisée par :

·         le blocage du dialogue politique face au refus obstiné du Gouvernement d’œuvrer à la normalisation de la situation du pays;

·         le lancement solitaire et unilatéral du Recensement Général de laPopulation et de l’Habitat (RGPH) dans un environnement sociopolitique délétère et un contexte de dispersion généralisée des populations;

·         L’échec du processus de réconciliation nationale, du fait de l’immobilisme de la CDVR ;

·         le transfèrement du ministre BLE Goudé Charles à la CPI, en contradiction avec les affirmations antérieures du Gouvernement. Ce transfèrement constitue, à nos yeux, une entrave grave à la réconciliation nationale ;

·         la répression violente et injustifiée des jeunes devant le palais de justice d’Abidjan, lors de l’audience du ministre BLE Goudé Charles ;

·         l’interpellation de KOUA Justin, Secrétaire National par intérim de la JFPI et YAVO Martial, président par intérim du COJEP, le vendredi 21 mars 2014 ;

·         le maintien en détention injustifiée de Simone EHIVET GBAGBO, Jean-Yves DIBOPIEU et de  près de huit cents (800) prisonniers politiques civils et militaires à ce jour ;

Décide :

1-     de prendre acte de la rupture du dialogue politique par le Gouvernement ;

2-      de convoquer un  Comité Central Extraordinaire le samedi 29 mars 2014 au siège provisoire du Parti  (ex QG de campagne du président Laurent GBAGBO sis à Attoban commune de Cocody) à 10 hen vue d’examiner et d’approfondir l’analyse de la situation délétère et d’en tirer toutes les conséquences politiques.

C’est pourquoi, il invite impérativement tous les membres statutaires du Comité Central, les membres du Comité de Contrôle, les Secrétaires Généraux des Fédérations, les membres des bureaux nationaux des structures spécialisées et d’activités et les responsables fédéraux des dites structures à prendre toutes les dispositions utiles pour participer à cette importante session extraordinaire du Comité Central.

En attendant, le Secrétariat Général exhorte tous les démocrates, les patriotes, les sympathisants, les militants et toute la population à observer le mot d’ordre de boycott du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) ainsi que les auditions  des « victimes » organisées par la CommissionDialogue Vérité et Réconciliation (CDVR).

Le Secrétariat Général demeure saisi de la question et demande aux démocrates, militants et sympathisants de demeurer mobilisés et à l’écoute des mots d’ordre à venir de la Direction du Parti.

                                                                       Fait à Abidjan, le 22 mars 2014

Laurent AKOUN

Secrétaire Général & Porte-parole

20:00 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/03/2014

Les 4 admis recalés du Concours de Police arrêtés devant l'Ambassade de France à Abidjan, déférés hier à la MACA

Recalés concours police, dictature, rattrapage ethnique, policiers manifestantsABIDJAN - Arrêtés le lundi dernier lors de leur manifestation devant l'Ambassade de France à Abidjan, les quatre (4) admis recalés du Concours de Police 2010 ont été déférés, hier 18mars2014 à 22h à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA) pour "flagrant délit de trouble à l'ordre public". Il s'agit de:

 

 

1-GROHI ROSEMAR PAUL, Ethnie Avikam originaire de Tiassalé.

2-KABLA GNANDOU FRANCK, Ethnie Godié originaire de Gueyo.

3-TAHI BLOADE JEAN CLAUDE, Ethnie Guéré originaire de Guiglo.

4-DOLLE FULGENCE, Ethnie Dida originaire de Lakota

14:11 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |