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20/09/2012

Adjamé: 600 commerçants déguerpis

Démolition, déguerpissement, OuattaraA Adjamé, plus précisément la zone appelée communément «Renault», où sont installés plusieurs centaines de commerçants, n’existe plus que de nom. Elle a été rasée par les bulldozers du gouvernement Ouattara. C’était dans la journée du jeudi 13 août dernier. Pleurs et sanglots étaient au rendez-vous ce jour-là. «Ce n’est pas normal. Pourquoi choisir la veille de la rentrée scolaire pour détruire nos magasins. Que veulent ces personnes qui refusent la débrouillardise», lance une jeune dame en pleurs. Traumatisée de voir son étal transformé en gravats, elle fond en larmes.

 Elle n’est pas seule. Plusieurs commerçants qui ne supportent pas cette situation se lamentent. Konaté Seydou, libraire «par terre», est de ceux-là. Il dénonce la manière dont l’opération de démolition est menée. «C’est affreux. Nous payons les taxes et autres patentes à la mairie d’Adjamé», déplore-t-il. Pour lui, cette action aurait pu attendre que la rentrée scolaire se fasse. Car, à l’en croire, cet endroit est un repère pour les parents d’élèves. Parce qu’ils viennent acheter les livres et autres manuels scolaires de leurs enfants. Issa Coulibaly, vendeur de chaussures et de tenues vestimentaires, ne comprend pas lui non plus. «Je n’en crois pas mes yeux». Il dit exercer en ces lieux depuis 2003. Mais, jamais, ils n’ont été inquiétés un seul jour. «Je suis ici depuis 2003. Même si parfois des gens venaient nous racketter, mais, nous travaillions correctement. Qu’allons-nous devenir après la destruction de nos magasins ?», se demande-t-il. Pour lui, sa vie s’arrête là. Autre lieu, non loin des tours des 220 logements, même ambiance. Ici, les étals des vendeurs d’habits ont systématiquement été détruits par les hommes mandatés par la mairie d’Adjamé et le ministère de la Salubrité urbaine. «On ne nous a rien dit. Ils sont venus et ils ont commencé à tout détruire sur leur passage. Dieu merci, nous avons sauvé nos marchandises», dit Ahmed, le responsable des commerçants installés en cet endroit. Il ne comprend pas ce qui se passe. La mairie d’Adjamé semble connaître la réponse. «Nous leur demandons tout simplement de s’installer au forum. Il y a encore de la place là-bas. Et puis, l’opération est menée conjointement avec le ministère de la Salubrité urbaine», nous indique un agent des services techniques de la commune, rencontré sur le théâtre des opérations. Qui précise que la démolition des magasins de «Renault» et des 220 logements est le début d’une vaste opération qui s’étendra sur l’étendue du territoire communale. Mais, en attendant, les commerçants déguerpis ne savent où aller puisqu’ils ne veulent pas s’installer au forum.

 

J.A., LG Infos

00:09 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/09/2012

Aqmi accuse Paris d'appeler à envahir le Mali, menace de tuer les otages français

Aqmi, otages, MaliNOUAKCHOTT - Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a reproché mercredi à la France d'avoir appelé à envahir le Nord-Mali, assurant que cela risquait d'aboutir à la mort des otages français et à davantage de malheurs pour la France, dans un message publié sur un site mauritanien.

Dans ce message aux familles des quatre otages enlevés en 2010 au Niger, Aqmi reproche au gouvernement français d'avoir l'outrecuidance d'appeler à envahir le pays des musulmans maliens et menace: cette initiative folle n'aura pas seulement pour conséquence la mort des otages, mais noiera la France toute entière dans les marécages de l'Azawad (Nord du Mali), ce qui aura pour conséquence pour elle et pour son peuple davantage de malheurs et de drames.

Ce message est publié par le site internet mauritanien Saharamedias, qui avait déjà publié par le passé des déclarations d'Aqmi qui n'avaient pas été démenties. Cette agence en ligne, généralement très bien informée sur les activités des groupes islamistes armés dans le Nord du Mali, a dit à l'AFP avoir authentifié ce message auprès de ses réseaux.

 Pour la première fois, Aqmi s'adresse directement aux familles des quatre Français - salariés du groupe nucléaire français Areva et de son sous-traitant Satom - enlevés en 2010 dans le nord du Niger, qu'elle retient en otages depuis deux ans.

 

L'organisation affirme toutefois d'emblée: nous annonçons, via ce communiqué, notre disponibilité aux négociations.

C'est le gouvernement français qui a fermé la porte aux négociations et continue de mettre en danger la vie de vos fils (...) Au contraire, nous sommes toujours ouverts à la négociation (...) nous attendons de votre gouvernement qu'il fasse le premier pas, juste en prenant contact avec nous, afin de pouvoir tenir ses dernières promesses et assurances aux familles, assure l'organisation.

Ce message menaçant est adressé à la France au moment où l'Afrique de l'Ouest étudie les conditions d'un déploiement d'une force africaine au Mali, pour aider l'armée malienne à reconquérir le nord. La France a promis son appui logistique à cette intervention.

  

Source : Romandie, (AFP / 19 septembre 2012)

19:04 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

L’ONU s’inquiète pour la Côte d’Ivoire

Onu, inquiètude, réconciliation, OuattaraABIDJAN - Selon le quotidien "L’Inter", le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Bert Koenders a exprimé son inquiétude face à la lenteur du processus de la réconciliation nationale. Il a rencontré Charles Konan Banny, le président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), pour lui dire qu’il y a urgence à renouer avec le dialogue politique car pour les Nations Unies, le dialogue est capital pour mettre fin à toute violence dans un pays. Quant à Banny, il a indiqué que les violences post-électorales laissent encore des plaies vives chez les populations. Par conséquent, Helen Clark, l’administratrice du PNUD qu’il recevait a reconnu « qu’en Côte d’Ivoire, la réconciliation sera difficile ». C’est également ce qu’a rapporté Le Mandat.

Si l’ONU s’inquiète pour le pays, Alassane Dramane Ouattara, lui n’est pas content d’elle, d’après le quotidien "Soir Info". Parce que, selon "La Lettre du Continent" qu’il cite, le chef de l’Etat ivoirien attendait de l’ONU une implication dans la lutte contre les violences récentes faites son régime. Mais en vain. Elle a assuré le service minimum. Il a aussi déploré la réduction de l’effectif des soldats de la mission onusienne en Côte d’Ivoire. Des mesures prises expressément, avance t-il, pour contraindre Ouattara au dialogue avec son opposition étant donné que c’est lui qui "a empêché Banny de visiter Laurent Gbagbo à La Haye".

 

Source : nouvelles.abidjantv.net

17:45 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Enquêtes sur l’assassinat de Boga Doudou – Les révélations de son directeur de cabinet

Boga Doudou assassiné, Septembre 2002Il y a 10 ans, une horde de rebelles conduite par Guillaume Soro endeuillait la Côte d’Ivoire en faisant des morts par centaines dans la seule nuit du 18 au 19 septembre. Au moment où le procureur militaire Ange Kessy Kouamé décide d’ouvrir une enquête sur la seul mort du général Guéi, Alain Dogou, directeur de cabinet du ministre Boga Doudou au moment des faits, dit sa part de vérité. A un moment de l'Histoire de la Côte d'Ivoire où, recouverts du manteau des différentes lois d'amnistie votées par l'Assemblée nationale pour donner une chance à la paix, un certain nombre d'acteurs simulent l'amnésie qu'ils voudraient transmettre au corps social ivoirien.

 "Je voudrais d'abord préciser que j’étais à l’époque des faits, le directeur de cabinet du Ministre d’État, Ministre de l'intérieur, Me Boga Doudou Émile. Je voudrais ensuite indiquer que le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur que j’étais avait en 2002, sous son autorité directe, la Direction des Renseignement Généraux (DRG)  et la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). En outre, après l'assassinat du ministre Boga Doudou le 19 septembre 2002, j'ai assuré une sorte d’intérim pendant 10 jours, jusqu’à la nomination de Paul Yao N'dré dont je fus aussi le directeur de cabinet.

Relativement aux contraintes de ces fonctions, et pour la paix sociale mais surtout, pour la cohésion des Fds dont certains occupaient et occupent encore aujourd’hui, des postes sensibles, je me suis volontairement gardé de toute déclaration et témoignage publique sur cet épisode malheureux de l'histoire de notre pays.

J'ai pourtant témoigné sous serment, à deux reprises, pendant 4 heures devant les membres de la Commission internationale d’enquêtes de l'Onu et pendant 6 heures, devant les membres de la Commission nationale parlementaire d’enquêtes présidée par le député Kabran Appia. J’ai simplement constaté que les rapports des travaux de ces deux importantes commissions n'ont jamais été rendus publics.

Enfin, relativement à une fausse polémique qui a cours sur l'absence de plainte de la famille du Ministre  Emile Boga Doudou, je voudrais indiquer que le Ministre Boga a été lâchement assassiné dans la cour de son voisin après l'attaque de sa résidence officielle par des rebelles munis  d'obus et de lance-roquettes. L’enquête concernant sa mort s’inscrivait dans celle relative à la tentative de coup d’Etat contre l’État de Côte d'Ivoire. Cette enquête avait été officiellement confiée à la Gendarmerie nationale de Côte d'Ivoire à travers la Brigade de recherches. L’enquête relative à l'assassinat du Ministre Boga était donc "sectorielle" dans l’enquête globale d'atteinte contre la sûreté de l’État de Côte d'Ivoire.

J'ai moi-même à l’époque, rendu des visites de terrain, aux enquêteurs de la Gendarmerie nationale, pour m'assurer de l’évolution du dossier. L’enquête avait donc été menée à terme, selon le rapport qui m'en avait été fait. Il en est de même de l’enquête parallèle spécifiquement axée sur sa mort, que j'avais demandée à la Direction de la police criminelle de la Police nationale dont le ministre Boga était le premier responsable. Je peux affirmer que les deux enquêtes ont été entièrement bouclées et les officiers enquêteurs sont encore en poste dans les différents services de police et de gendarmerie.

Seulement, la Côte d’Ivoire était engagée dans un processus politique de sortie de crise et la question préjudicielle qui s’était  posée aux dirigeants de l’époque était relative à l'opportunité de poursuite… dans la mesure où selon l'inclinaison des rapports, cela devait être un procès en responsabilité et non en culpabilité. Or, ceux qui avaient revendiqué la responsabilité de la rébellion étaient au gouvernement de la République et parcouraient les capitales africaines à la recherche de solutions politiques de sortie de crises. Ce n’était donc pas une affaire d'absence de plainte de membres de la famille du ministre défunt mais, d’opportunité stratégique, relativement au processus de paix engagé pour la survie de la nation. Aujourd’hui, dix ans après le contexte, les commentaires sont libres mais, dans le droit positif ivoirien, les crimes de sang sont imprescriptibles."

 

Alain Dogou

Ancien directeur de cabinet du Ministre d’État, Ministre de l'Intérieur Emile Boga Doudou

In "Le Nouveau Courrier"

16:24 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |