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17/09/2015

Burkina : Le Président démis, Gouvernement et institutions dissouts par des militaires proCompaoré

OUAGADOUGOU : Le Lieutenant-Colonel Mamadou Bamba vient d’annoncer un Coup d’Etat à la Télévision Nationale Burkinabé, dans une proclamation d’une Coalition militaire dite « Conseil National pour la Démocratie »,  ce jeudi 17 septembre 2015 à 07h58mn, heures de Ouagadougou.

Tout a commencé mercredi après-midi à 14h par une prise d’otage du Chef d’Etat Michel Kafando, du Premier Ministre Zida et de plusieurs ministres du Gouvernement de transition dans le Palais présidentiel de Kosyam, perpétrée par les éléments du Régiment de la Sécurité Présidentielle (RSP), réputés proches de l’ex-président Blaise Compaoré. Malgré la mobilisation des populations dans la soirée, à Ouagadougou, à Bobodioulasso et dans plusieurs grandes villes du Burkina Faso ; malgré les « fermes condamnations » de cette prise d’otage prononcée aussi bien par le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki Moon ; en dépit des rappels à l’ordre de la CEDEAO dans la soirée du 16 septembre 2015, la Prise d’otage s’est muée en un coup d’Etat.

L’organe qui se cachait derrière le Coup d’Etat des soldats proCompaoré du Régiment de la Sécurité Présidentielle (RSP) vient de se dévoiler, ce 17 septembre 2015, à travers un communiqué annonçant un coup d’Etat. Il s’agit du Conseil National pour la Démocratie, une coalition de militaires de la Garde Présidentielle proche de Blaise Compaoré. Nous avons eu copie de la déclaration des nouveaux hommes forts du Burkina Faso, que voici :

PROCLAMATION DU CONSEIL NATIONAL POUR LA DEMOCRATIE

Aujourd’hui 17 Septembre 2015, les forces patriotiques et démocratiques alliant toutes les composantes de la nation et réunies au sein du Conseil National pour la Démocratie (CND), ont décidé de mettre un terme au régime déviant de la transition.

Instauré à la suite de l’insurrection victorieuse du peuple des 30 et 31 Octobre 2014, le régime de transition s’est progressivement écarté des objectifs de refondation d’une démocratie consensuelle.

La loi électorale taillée sur mesure pour des individus et décriée par les instances et les hommes de droit, se dresse alors, comme un outil de négation des valeurs de notre peuple fondée sur l’esprit de justice, d’équité et de tolérance.

Cette loi a créé une division et une grave frustration au sein du peuple, érigeant deux catégories de citoyens.

Malgré les recommandations fortes des chefs d’Etats de la CEDEAO, malgré une condamnation ferme de la Cour de justice de la CEDEAO, enjoignant au Burkina Faso de lever tous les obstacles à la libre participation des candidats aux élections, le Conseil Constitutionnel va être instrumentalisé pour violer cette décision internationale.

La démocratie, c’est le droit de tout citoyen d’être électeur et d’être éligible !

La loi portant statut général des personnels des Forces Armées Nationales et celle portant code de l’information ont été promulguées à des fins personnelles et pour museler la presse.

Cette transition s’est également illustrée par des arrestations arbitraires en négation des règles de droit faisant le lit d’une justice sélective au service des vainqueurs.

Dans un contexte sécuritaire sous régional caractérisé par le terrorisme et le grand banditisme, la question militaire a été politisée et instrumentalisée.

Les propositions de l’armée visant un traitement adéquat des questions en suspens ont fait l’objet d’engagements solennels au plus haut niveau qui n’ont pas été respectées : le but ultime étant de créer une crise factice permanente au sein des forces de défense et de sécurité.

Nombre d’acteurs de cette transition se sont illustrés par des comportements aux antipodes des règles de bonne gestion de la chose publique.

Peuple du Burkina, patriotes et démocrates amis du Burkina, l’intervention du CND a pour but principal d’enclencher un processus cohérent, juste et équilibré devant conduire à la mise en place d’un système institutionnel robuste.

Ancré sur les principes cardinaux de la démocratie comme l’égalité politique devant la loi, la libre expression politique et l’alternance, ce système institutionnel sera le socle du développement socioéconomique partagé du Burkina Faso.

Pour faire place à cette exigence, les mesures immédiates suivantes sont prises :

1. Le Président de la Transition est démis de ses fonctions ;

2. Le gouvernement de transition est dissout ;

3. Le Conseil national de transition est dissout ;

4. Une large concertation est engagée pour former un gouvernement qui se dévouera à la remise en ordre politique du pays et à la restauration de la cohésion nationale pour aboutir à des élections inclusives et apaisées.

Le CND voudrait également rassurer la communauté régionale et internationale, les partenaires au développement de sa détermination à respecter les accords qui engagent le Burkina Faso.

Peuple du Burkina, le Conseil National pour la Démocratie appelle tous les Burkinabè à soutenir activement et massivement dans un esprit de tolérance et de solidarité, le processus de reconstruction politique engagé dans le calme, la discipline et le travail.

QUE DIEU PROTÈGE LE BURKINA FASO.

Le Conseil National pour la Démocratie (CND).

 Coup d'Etat Burkina, Conseil National pour la Démocratie, Burkina Faso, Lt-Colonel Mamadou BambaLe Lieutenant-Colonel Mamadou Bamba, lisant le Communiqué du Conseil National pour la Démocratie à la Télévision publique du Burkina Faso, 17 septembre 2015

  

 

 

 

Pour rappel, l’ex-président Blaise Compaoré a été chassé l’an dernier du pouvoir par le peuple, alors qu’il tentait de modifier la constitution pour se maintenir au Pouvoir. Le Dictateur Blaise, depuis lors, s’est exilé en Côte d’Ivoire sous les bonnes grâces de Ouattara. Et soudain, les militaires fidèles à Compaoré interrompent le processus électoral à un mois de l’élection présidentielle. Tous les yeux restent donc rivés vers le Burkina où le Conseil National pour la Démocratie, une nouvelle coalition militaire, tient le Faso d’une main de fer. Le pays dit des hommes intègres serait-il entrain de se désintégré ?

09:53 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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