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09/09/2014

CEI: L'AFD dénonce les dérives du régime Ouattara

AFD, CEI, Opposition claque la porte CEI, FPI

ABIDJAN: Le lundi 8 septembre 2014, l'Alliance des Forces Démocratiques de Côte d'Ivoire, la plateforme de l'opposition qui regroupe 11 partis politiques dont le FPI a animé une conférence de presse au siège du RPP à Abidjan, pour dénoncer les dérives du régime Ouattara relatives à la formation du Bureau de cette institution. Ci-après l'exposé préliminaires et une comparaison des 3 derniers bureaux de la CEI.

 

 

Conférence de presse

Thème : Mise en place du bureau de la CEI

Les propos préliminaires de Mme Danièle BONI-CLAVERIE

Merci à vous d'être là et de me permettre, comme nous en avons déjà eu l'occasion, de vous expliquer nos positions et de vous faire comprendre la cohérence de nos actions depuis le projet de loi qui en son temps avait fait l’objet de beaucoup de débats de notre part.

La loi promulguée, plutôt que de nous battre pour sa révision, nous avons choisi d'entrer en discussions avec le gouvernement pour amener celui-ci à comprendre et accepter que le consensus soit le socle du fonctionnement de la CEI notamment dans la désignation du bureau et de son Président. Des contacts ont eu lieu avec le Ministère de l'Intérieur, les 5 août, les 02 et 03 septembre qui pouvaient nous faire penser que le mode consensuel était accepté par toutes les parties. Même le Président de la République, lors d'un entretien avec la presse à la veille de la fête nationale s'était rangé à l’idée d'une CEI consensuelle.

D’où notre étonnement lorsque le Président de séance, le doyen d'âge, en rendant compte des travaux à l’issue de la première réunion convoquée le 4 septembre, n’a fait aucune allusion à la recherche du consensus qui aurait dû être l’épine dorsale de ces discussions.

Le vendredi 05 Septembre, nos craintes se sont confirmées par la sortie de nos représentants dont les propos ont été relayés par la presse.

En effet, comme vous l’avez sans doute noté, depuis l‘annonce du nouveau projet de loi sur la CEI, l’Alliance n'a eu de cesse d'attirer l’attention des gouvernants et de l’opinion sur les dangers que comporte une commission électorale qui ne résulterait pas d'un large consensus.

Malgré nos nombreux signaux d'alerte, la loi a tout de même été votée, consacrant un déséquilibre notoire entre le gouvernement, les partis qui le soutiennent et l’Opposition.

Tout en maintenant nos nombreuses réserves sur cette loi qui, de notre point de vue, fausse le jeu démocratique en octroyant, d'entrée, un avantage à la coalition au pouvoir dans la gestion du processus électoral, et parce que nous avions foi au dialogue politique, nous l’avons acceptée et entamé des négociations avec le gouvernement en vue d'atténuer quelques effets pervers de la loi.

Au cours de la rencontre du 03 Septembre avec le Ministre d'Etat en charge de l’Intérieur, un accord sur l’ossature du bureau de la CEI a été acquis et c'est sur cette base que nos représentants se sont rendus à la réunion du 04 Septembre, sur convocation du doyen d'âge des commissaires de la commission centrale.

Malheureusement, notre bonne foi a été abusée et aucun engagement du gouvernement n'a été tenu.

Prenant acte de la volonté du gouvernement et des partis qui le soutiennent de faire de l'Opposition et de la Société Civile de simples faire-valoir ou de simples accompagnateurs par le refus de la mise en place d'un bureau consensuel, les représentants de I'Alliance se sont, avec courage, retirés de la salle, suspendant ainsi leur participation aux travaux de la CEI.

Nous tenons à saluer et de féliciter tous ceux qui partagent avec nous le souci majeur de donner un avenir à notre pays par la promotion du jeu démocratique devant aboutir à des élections transparentes justes et apaisées. Nous saluons respectueusement les représentants de la Société Civile qui ont refusé de cautionner un bureau de la CEI totalement déséquilibré en faveur du Pouvoir. Nous avons également une adresse particulière à l’endroit du représentant du MFA dont le parti, bien que membre du RHDP, n'a pas voulu s'associer à ce simulacre d'entente dans laquelle sur 04 personnalités composant le présidium (le président et les vice-présidents), le RHDP s'attribue 03 places.

A ceux qui nous accusent de mauvaise foi ou pire de caprice, nous répondons que la CEI n'est pas un gâteau qui se partage pour faire plaisir ou récompenser quelques-uns. Nous avons toujours défendu des principes pour faire évoluer cette Institution vers plus d'indépendance, de crédibilité, de transparence. En réclamant le consensus comme mode de fonctionnement et de désignation du bureau, nous avions l’espoir que se créé petit à petit un climat de confiance entre les protagonistes.

Est-ce être naïf que de nourrir une vision pour notre pays qui ancre le processus électoral dans des pratiques démocratiques afin de nous éviter ce que nous avons connu ?

Nous avons beaucoup évolue sur ce dossier et comme dans tout compromis nous avons cède sur un certain nombre de points. Je vous en rappelle quelques-uns:

- Nous réclamions la Présidence de cette Institution; nous avons accepte à défaut de celle-ci, le poste de 1er vice-président qui nous avait été concédé.

- Nous demandions que les représentants de l’administration aient une voix consultative et non délibérative pour consacrer une plus grande indépendance à la CEI et parce que I’administration n'a pas la légitimité pour s'immiscer dans le débat politique.

- Nous faisions remarquer qu'il nous semblait malséant qu'un représentant du Président de la République puisse être membre de la Commission alors que le Chef de l'Etat s'est déjà proclame candidat.

                                 - Pour contrebalancer le rôle exorbitant du Président de la CEI, nous avions proposé que la Commission Centrale soit un organe souverain et que le poste de Secrétaire Général soit soumis à candidature pour que nous soyons en mesure de juger ses capacités, ses compétences et sa neutralité.

                                  - Aucune de ces mesures n'a été retenue mais plutôt que de nous battre pour la révision de la loi déjà promulguée, nous avons décidé au sein de l'Alliance d'axer nos efforts sur la recherche du consensus.

C’est dans cet état d'esprit que nous demandons un poste de 1er vice-président et un poste de secrétaire.

Tant que nous n'aurons pas été entendus, nous suspendons la participation de nos représentants aux travaux de la Commission. II ne s'agit pas pour eux de démissionner ou de quitter la CEI.

Pour l’heure, l’Alliance reste ouverte à toute reprise des discussions. Nous souhaitons que le gouvernement veuille bien respecter ses engagements et que tous les discours officiels sur la transparence ne demeurent point au stade des intentions.

L'Alliance des Forces démocratiques soutient ses représentants et toutes les personnalités qui ont décidé de suspendre leur participation aux travaux de la Commission Electorale Indépendante.

La CEI est un maillon essentiel dans le processus électoral et il est impératif que son démarrage se fasse sous les auspices d'une volonté affirmée de respect mutuel pour aller à des élections apaisées.

 

Abidjan, le 8 septembre 2014 

  

Pour l’Alliance,

La Première Vice-Présidente,

 

 

Danièle BONI-CLAVERIE

 

 

 

 

Comparaison des trois (3) derniers présidium du bureau de la Cei

 

 

1-     Bureau non consensuel de la Cei établi le 5 septembre 2014, sur la base de la loi de n° 2014-335 du 18 Juin 2014

 

Président : Bakayoko Youssouf, RHDP, pouvoir exécutif ;

1er vice-président : Koné Sourou, RHDP, représentant du président de la république, chef du pouvoir exécutif ;

2è vice-président : Coulibaly Gervais, LMP, parti politique supposé de l’opposition

3è vice-président : Auguste Miremont, RHDP, pouvoir exécutif.

Observations :

·        3/4 des membres du présidium du bureau de la Cei sont des représentants du regroupement des partis politiques au pouvoir : le RHDP ;

·        L’actuel bureau de la Cei est déséquilibrée et inféodée au pouvoir exécutif ;

·        L’opposition significative est totalement ignorée dans le présidium de la Cei.

 

2-     Bureau consensuel (de la Cei établi en 2004, sur la base de loi 2004-642 du 14 Décembre 2004 (Accord de Pretoria)

 

Président : Beugré Mambé/ Bakayoko Youssouf, RHDP, Opposition ;

1er vice-président : Gomis Jean-Baptiste/Koné Sourou, RHDP, Opposition ;

2è vice-président Fatoumata Traoré / Diarrassouba Soumalaye, MPCI-RHDP; Opposition ;

3è vice-président : Sinan Bakary/ Anaky Jacob, RHDP, Opposition ;

4e vice-président : Oulai Siéné/Dogou Alain, représentant du président de la république.

Observations :

·        Les représentants des partis politiques de l’Opposition étaient au nombre de quatre (4) sur cinq (5) membres du présidium;

·        De 2004 à 2014, Le présidium de la Cei était totalement déséquilibré, en faveur des partis politiques jadis de l’Opposition, qui voulaient être rassurés ;

·        L’opposition de 2004 qui avait demandé et obtenu par consensus ce présidium, n’est autre que le même RHDP, le regroupement de partis politiques aujourd’hui au pouvoir en 2014 ;

 

3-     Bureau consensuel de la Cei établi en 2001 sur la base de loi 2001-634 du 9 Octobre 2001

 

Président : Camille Hoguié, magistrat, représentant du président de la république ;

1ere vice-présidente : Danielle Boni Claverie, UDPCI, Opposition ;

2è vice-président : Bamba Siaka, PDCI, Opposition ;

Observations

·        Aucun représentant du FPI, qui était le parti politique au pouvoir ;

·        Le représentant du président de la république n’était pas militant du FPI ;

·        Deux représentants des partis politiques de l’Opposition encadraient le président de la Cei.

09:19 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Ce simulacre de pouvoir nous réserve encore des surprises très désagréables. Les jours à venir nous le démontrerons.

Écrit par : Guillaume seri | 19/09/2014

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