topblog Ivoire blogs

26/12/2012

Agban: Dramane Ouattara poursuit son vieux projet d’extermination des gendarmes

Gendarmes ivoiriensL’Etat-major des FRCI ne l’a pas caché : "C'est une affaire interne" a avoué une source de l’Etat-major des FRCI à "Le Nouveau Courrier", le dimanche soir des tirs au sein du camp de gendarmerie d’Agban. Et les versions données ça et là par la hiérarchie des FRCI, sur les arrestations des gendarmes à la suite de la prétendue l’attaque d’Agban, dans les journaux pro-Ouattara se contredisent et se dédisent. Cette cacophonie a fini par convaincre tous les observateurs de la crise ivoirienne qu’un projet nuageux se trame contre les gendarmes de Côte d’Ivoire.

 

De l’attaque de la Brigade de Gendarmerie de Toits-Rouges à celle d’Agban

 

"Nous avons lancé l’alerte sur tous les canaux dès que nous avons été attaqués par ce commando à la puissance de feu exceptionnelle, mais personne n’a daigné répondre. Ni les FRCI basées à la BAE à 100m de nous, ni l’Etat-major, ni l’ONUCI. Dès lors, nous avons compris qui nous attaquait" s’est indigné un gendarme de la Brigade de gendarmerie de Toits-Rouges qui venait d’essuyer une attaque d’une rare violence, dans la nuit du 20 au 21 décembre 2012. La grogne est montée aux seins de ce corps au point où le Ministre délégué à la défense, Koffi Koffi Paul a été sommé "de tuer dans l’œuf" (expression du quotidien pro-Ouattara Le Patriote) cette révolte croissante dans les rangs de la gendarmerie fortement redoutée par le régime de Dramane Ouattara. La rencontre de Paul Koffi et des gendarmes ayant échoué, le plan B est déclenché pour réduire à néant cette mutinerie en naissance.

Les journaux et communicants de Ouattara citent, sans convaincre, des sources du Commandement Supérieur de la gendarmerie acquises à la cause du régime, qui taxent "d’assaillants" leurs propres éléments bien ciblés par la nébuleuse opération. Le quotidien pro-Soro "Nord-Sud" parle de 17 assaillants arrêtés avec une version digne d’un scénario de cinéma hollywoodien, là où le quotidien "Le Patriote" (pro-Bakayoko) affiche 5 assaillants arrêtés avec une version toute aussi mensongère que comique. On note toutefois que les deux journaux pro-Ouattara s’accordent sur le fait que les gendarmes arrêtés "sont cuisinés" qui veut dire "torturés" en langage FRCI.

Mais des sources concordantes, annoncent plus de quarante (40) arrestations depuis hier, dans le cadre de cette affaire.

 

Exterminer les gendarmes, un vieux projet de Ouattara

La Gendarmerie Nationale de Côte d’Ivoire, une force armée dont l’effectif avoisinait les 15.000 hommes, au cœur de la crise armée en 2006, a payé le lourd tribut des attaques de septembre 2002, perpétrée par la rébellion de Dramane Ouattara, alors dirigée par Soro Guillaume. On note plus de 80 gendarmes exécutés à Bouaké par les rebelles de Ouattara en 2002, alors que ces gendarmes étaient désarmés.

Même si certains officiers du Commandement Supérieur se sont compromis après le 11 avril 2011 en faisant allégeance à Dramane Ouattara, fraichement imposé par les bombardements français, les éléments pour la plupart ne se reconnaissent pas en Ouattara. Et cette insubordination de la gendarmerie de Côte d’Ivoire n’a jamais été pardonnée par Dramane Ouattara, le père de la rébellion ivoirienne.

On se souvient que bon nombre de gendarmes, dont le marin Commandant Konan, avaient choisi l’exil, avant que quelques uns ne reviennent au pays à l’issue des garanties internationales.

 

Juillet- Août- Septembre 2012, trimestre d’incarcération massive des gendarmes

Juillet- Août- Septembre 2012 fut certes un trimestre très mouvementé sur le front des attaques contre les FRCI, mais aussi un trimestre d’arrestation massive des gendarmes ivoiriens par le régime de Dramane Ouattara. Ils étaient pour, certains enlevés à leur domicile, d’autres étaient arrêtés à leur lieu de service et souvent sans preuve, seulement sur dénonciation calomnieuse. Les incarcérations des gendarmes à la DST se chiffraient par dizaine chaque semaine.  

Après l’incarcération des gendarmes potentiellement dangereux et jugés fidèles au Président Gbagbo, le régime d’Abidjan était tellement satisfait de cette épuration de l’armée que Dramane Ouattara et son gouvernement se sont donnés en spectacle sur les chaînes internationales. "Les attaques des positions des FRCI sont terminées" lança Ouattara au devant les caméras de "Europe1" lors d’un de ces récents voyages dans l’hexagone. Son ministre de la sécurité Hamed Bakayoko, surnommé "colombo national" pour la célérité avec laquelle il arrête les pro-Gbagbo, lui emboitait le pas la semaine dernière : "Tous les cerveaux des attaques ont été mis aux arrêts" rassura-t-il.

Il a fallu 72h, après les assurances du "Colombo  national" de Ouattara pour que les attaques reprennent. Si donc tous les cerveaux des attaques sont emprisonnés, d’où viennent ces nouvelles attaques? Qui les dirige-t-elles? N’est-ce pas que des innocents ont été faussement incarcérés par le régime? Autant d’interrogations qui restent sans réponse. 

 

Les inquiétudes des civils et militaires proGbagbo sont loin d’être à leur terme.  40 autres gendarmes viennent d’être encore incarcérés, arrachés à leur famille à l’approche des fêtes de fin d’année. C’est tout de même cruel, pour Ouattara qui s’était faussement vanté d’être démocrate.

 

02:04 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.