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19/12/2012

Côte d’Ivoire : des crimes économiques oubliés

Une alliance de tromperie, pilleurs de Côte d'IvoireDans les Républiques bananières dont la marche est ponctuée de coups d’état aux motivations aussi floues que surréalistes, l’opinion s’est accoutumée aux déclarations et autres actions de salubrité publique sans lendemain. Le trait commun des putschistes en Afrique est de se présenter dès leur prise du pouvoir comme des hommes neufs animés des meilleures intentions pour le peuple. Même lorsqu’ils ont participé à la gestion des affaires publiques, souvent à un niveau de responsabilité élevé, les nouveaux hommes forts se présentent toujours en redresseurs de torts. Torts qu’ils ont contribué à faire du reste ! Les dignitaires de l’ancien régime sont accusés de malversations, voire de crimes économiques. Bien évidemment, les accusations de corruption et autres actes de prévarication ont d’autant plus d’écho que la grande majorité de la population vit au seuil de la pauvreté. L’objectif visé par les nouveaux dirigeants est d’asseoir leur légitimité et leur autorité en laissant planer l’épée de Damoclès sur la tête de leurs victimes qu’ils entendent neutraliser.

 

La Côte d’Ivoire n’échappe pas à ce schéma. Hélas ! En 1999, le Général Robert Guei renverse le Président Bédié et le contraint à l’exil en France avant de déclencher une série de procédures judiciaires à son encontre, notamment pour crimes économiques. En avril 2011, après le renversement du Président Laurent Gbagbo par Alassane Ouattara, avec l’appui déterminant de la France, le nouveau pouvoir a lancé des poursuites judiciaires systématiques contre tous les membres du gouvernement déchu pour crimes économiques et de sang. Le président du FPI et plusieurs de ses camarades sont également poursuivis sous le même chef d’accusation.

 

La coalition RHDP au pouvoir a-t-elle les moyens d’aller jusqu’au bout de cette action, somme toute salutaire pour la moralisation de la vie publique ? A-t-elle jeté un regard dans sa gestion quarantenaire qui a entrainé la faillite de la Côte d’Ivoire ? A l’évidence, les dirigeants actuels ont un passif tellement lourd qu’ils apparaissent les moins bien placés pour mener une opération mains propres aux desseins politiques inavoués. Il suffit tout simplement de faire un bref rappel des principaux actes de prévarication qui émaillent leur parcours pour conclure au caractère folklorique de cette opération.

 

Sous Houphouët Boigny

 

Commençons par la fameuse expression « grilleurs d’arachides » qui est rentrée dans le jargon ivoirien depuis les premiers scandales financiers de l’ère Houphouët Boigny. Le boum économique ivoirien s’est accompagné  de détournements massifs de deniers publics au profit des dignitaires du PDCI-RDA. Le silence du Président Houphouët devant l’enrichissement rapide et illicite de ses compagnons de lutte et des cadres promus devenait insupportable. En réaction à la grogne qui enflait, le père de la nation n’a eu d’autres mots que de justifier ces actes ignobles. De façon imagée, Houphouët lancera à la face des Ivoiriens, en substance « qu’on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides, il arrive qu’il mange quelques grains», cela ne devrait offusquer personne.

 

En 1977, c’est l’affaire de la surfacturation des complexes sucriers qui révèle l’ampleur du délitement moral du régime. La construction de six unités sucrières, devant assurer une production annuelle de 300.000 tonnes de sucre à la Côte d'Ivoire, va se transformer en cauchemar. Et pour cause, Monsieur Konan Bédié en charge de l’économie et des finances avait multiplié par deux le coût de chaque unité. Plus de 250 milliards de francs CFA avaient été engloutis dans l’opération. En définitive la production de ces complexes n’a guère dépassé les 150.000 tonnes, loin en deçà des prévisions. Pis, le prix de revient du sucre produit en Côte d’Ivoire est trois fois plus élevé que le prix sur le marché international. Absurdité économique ! En conséquence, les complexes furent partiellement démantelés dans les années 1980, avant d'être cédé au privé en 1997, pour moins de 30 milliards de francs CFA. Comme sanction de cette bourde, une loi anti-corruption a été adoptée le 23 juin 1977 et les ministres concernés ont été chassés du gouvernement le 20 juillet de la même année, avec ce commentaire du Président Houphouët : « je n’ai que faire des malhonnêtes, furent-ils compétents ». Aucune action judiciaire ne sera engagée et les sommes détournées ne seront pas remboursées.

 

En 1983, c’est le scandale financier de la LOGEMAD qui secoue le régime du PDCI. L’affaire révèlera que cet organisme d’État chargé de reverser les loyers aux propriétaires des logements occupés par des fonctionnaires profite essentiellement aux responsables politiques. Leurs techniques consistent à fixer les prix des baux administratifs alors qu’ils sont propriétaires des logements baillés à l’État. Le préjudice subit par l’État s’élève à des centaines de millions de francs qui ne seront jamais restitués.


La mauvaise gestion des sociétés d’Etat qui avaient poussé comme des champignons avec pour corollaire  des salaires colossaux, des détournements de deniers publics n’ont pas ému outre mesure les pseudo fondateurs de la Côte d’Ivoire moderne.

 

Sous le parti unique du PDCI-RDA, les prêts consentis par les banques de développement à certains dignitaires de l’ancien régime et restés impayés ont été convertis en dettes d’État. Il en est de même de certaines dettes avalisées par l’Etat et transformées elles aussi en dettes publiques. C’était l’époque des « prêts bancaires politiques ». Cette situation a fait culminer le stock de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire à 11 367 milliards de francs CFA en 1996.

 

En 1992, la construction d’une usine de broyage du cacao à QINYUAN en Chine dans la province du GUANGDONG, a englouti plus de 10 milliards de francs CFA. Il se susurre que le partenaire technique français en charge de l’achat des équipements techniques n’avait livré que les équipements de moulage. Il vend à son profit les équipements de broyage constituant le cœur du projet et disparaît. Résultat, l’usine ne peut fonctionner et l’État ne peut retirer ses billes. Faisons le parallèle avec le projet Fulton aux Etats Unis sous Gbagbo !

 

Que dire de la Caistab créée dès les premières années de l'indépendance pour protéger, grâce à un mécanisme de garantie, les planteurs de café et de cacao, des variations des cours internationaux de ces deux produits? Sa gestion opaque qui relevait de la seule responsabilité de son Directeur et du Président Houphouët avait amené les institutions financières internationales à exiger sa dissolution qui interviendra en janvier 1999. Les comptes financiers produits à cette occasion montreront l’ampleur des dégâts causés à l’économie nationale par cette structure. Les experts de la Banque Mondiale et du FMI évaluent à près de 80 milliards de FCFA, l'écart entre les recettes déclarées et les recettes réelles. Quand à l’audit commercial et financier, il révèle de nombreuses irrégularités dans les opérations de la CAISTAB. On note notamment un bénéfice de 23,5 milliards au lieu du déficit de 3 milliards déclaré.

 

A la fin des années 80, alors que la Côte d’Ivoire ployait sous le poids d’une dette colossale, les institutions financières internationales imposèrent au Président Houphouët esseulé, un bien curieux économiste. Son rôle officiel était d’aider à redresser l’économie qui prenait de l’eau de toutes parts. Les trois années passées par Monsieur Alassane Ouattara à la primature ont été désastreuses. L’économiste venu du FMI a procédé à la vente des actifs de l’Etats dans des conditions d’opacité qui ont heurté le parlement ivoirien de l’époque. Sous la primature de Ouattara, les délits d’initiés étaient devenus monnaie courante, poussant la presse à exprimer l’exacerbation de la population dans la formule « Alassane vend et rachète ». Non content de racheter au franc symbolique les entreprises publiques, le Premier ministre avait importé 19 tonnes d’effets personnels d’Europe en s’exonérant de toutes taxes douanières, avant de racheter une villa privée à 300 millions de francs CFA.

 

Ainsi donc, pendant quarante années, les détournements de deniers publics et l’enrichissement illicite des dignitaires du parti au pouvoir étaient érigés en mode de gestion. Le chef ayant décidé qu’il devait en être ainsi, ses compagnons de lutte et ses collaborateurs ne se privaient. Les produits de ces détournements ont été investis pour partie dans des secteurs productifs de l’économie nationale à titre privé et pour partie déposés dans des paradis fiscaux. Houphouët Boigny le confirme lui-même en disant : « Quel est l’homme sérieux dans le monde qui ne place pas une partie de ses biens en Suisse ? » Sans commentaire !

Sous Konan Bédié

 

Le dauphin constitutionnel du Président Houphouët Boigny, dont les mauvaises langues disent qu’il a fêté ses sept premiers milliards dans les années 70, fera montre d’un affairisme digne des mafieux. S’il perpétue le système des quotas d’importation et d’exportation des biens de consommation courante, il ne se gène pas de privilégier les membres de sa famille et ses amis. Les travaux pharaoniques de Pepressou (Daoukro), son village natale, et de Kokorandumi, village de son épouse, se feront sur fonds publics sans aucun droit de regard du contribuable ivoirien.

 

Le régime de Monsieur Bédié poussera sa boulimie jusqu’à plonger la tête dans la besace des bailleurs de fonds internationaux. En effet, l'Union Européenne avait découvert, à la suite d'un audit effectué en 1997, qu'une partie des fonds d'appui à l'ajustement structurel qu'elle avait versés à la Côte d'Ivoire, notamment dans le domaine de la santé, avait été détournée. Le préjudice qui s’élevait à 18 milliards de francs CFA représentait environ 38% des fonds alloués. Sous la pression du bailleur de fonds, l’État s’est engagé à rembourser ces montants sans tirer toutes les conséquences judiciaires de cette sale affaire. Le ministre Kacou Guikahué a été certes limogé, mais le régime avait fini par faire le deuil de ce scandale. Seuls quelques fonctionnaires avaient été emprisonnés et vite relâchés.

 

Après le coup d’état de Robert Guei en 1999, l'on se rappelle que deux des nombreux candidats se réclamant du PDCI-RDA à l'occasion de l'élection présidentielle d'octobre 2000, (Émile Constant Bombet et Lamine Fadika) avaient été recalés par la cour suprême pour défaut de probité. Autant dire que cette qualité est une denrée rare chez les houphouétistes.

 

L’affaire Roger Nasra a été l’autre scandale qui a remué la sphère financière ivoirienne. Par un système de fausses déclarations de TVA, l’homme d’affaires ivoiro-libanais avait réussi à soutirer plus un milliard de francs CFA au trésor public ivoirien. Au cours de son procès en appel comme en première instance, Monsieur Nasra avait mis en cause indirectement le président ivoirien Henri Konan Bédié. « Le directeur du Trésor M. Bouadou m’avait dit que l’argent détourné servirait à la campagne politique de M. Bédié, j’ai accepté de servir d’intermédiaire pour ces détournements, dans l’espoir d’obtenir ultérieurement des contrats avec la Côte d’Ivoire ». Qui dit mieux ?

 

Sous Alassane Ouattara

 

Après son passage à la primature (1990-1993), Ouattara s’est signalé en 2002 avec cette rébellion qui continue d’endeuiller la Côte d’Ivoire. Le braquage de l’agence de la BCEAO d’Abidjan par un certain Sia Popo a finalement été le début d’actions d’envergure destinées à faire main basse sur les richesses du pays.

 

Le groupe Armajaro dirigé par le beau fils de Ouattara met à la disposition de la rébellion en préparation en 2002 un financement de 30 milliards de francs CFA en vue de la déstabilisation du pays. Bien entendu, le généreux bailleur de fonds, rompu aux techniques spéculatives sur les matières premières, a fait d’une pierre deux coups. Il entendait d’une part déstabiliser le régime de Gbagbo à défaut de le faire chuter au profit de Ouattara et d’autre part provoquer une flambée des prix du cacao sur le marché international qui redouterait une pénurie du produit dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur. Après le 11 avril 2011, on peut dire sans se tromper que les deux objectifs ont été atteints. Le régime de Gbagbo a fini par chuter après huit années de résistance et l’entreprise criminelle des spéculateurs leur a rapporté quelques 500 milliards de francs CFA.

 

Le 24 septembre 2003, soit un an après le déclenchement de la rébellion, l’agence BCEAO de Bouaké, est attaquée et dévalisée. Les mystérieux braqueurs se sont évanouis dans la nature avec un joli pactole dont le montant exact ne sera jamais connu, les chiffres variant entre 50 et 300 milliards de francs CFA. La réussite de l’opération de Bouaké va encourager les rebelles à poursuivre leur entreprise de braquage des deux autres agences situées à Korhogo et à Man. En outre, dans la foulée, la Caisse Autonome d'Amortissement (devenue BNI), la Trésorerie régionale de Bouaké, ainsi que l’agence BIAO de Ferkessédougou ont été attaquées.  Le butin a servi pour partie à payer les combattants et les fournisseurs d’armes et pour partie à alimenter des comptes bancaires dans des pays de la sous région ainsi que des paradis fiscaux. Au vu et au su de la communauté internationale dont l’ONU !

 

Les poulains de Monsieur Alassane Dramane Ouattara ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Appliquant les consignes de leurs commanditaires, les rebelles ivoiriens vont mettre en place de façon méthodique une économie de guerre en exploitant les ressources naturelles (cacao, coton, bois, noix de cajou, or et diamant) du territoire placé sous leur contrôle. Ils réussiront l’exploit de rendre le Burkina Faso exportateur de cacao pour la première fois dans l’histoire de ce pays sahélien enclavé. Ils percevront en outre des taxes sur le trafic routier et sur les services publics comme l’électricité que le gouvernement fournit pourtant gratuitement à la population. Ces activités leur rapporte environ 60 milliards de francs CFA par an selon les estimations du ministère de l’Economie et des Finances. A ces chiffres il convient d’ajouter les activités personnelles des chefs de guerre, rapportant plusieurs milliards de francs CFA par an.

 

Ces pillages inédits dans l’histoire post coloniale de la Côte d’Ivoire est entouré d’un silence assourdissant et immoral. Que dit le justicier et censeur Ouattara de cette situation à laquelle il n’est pas étranger ?

 

Notons que si le nouvel homme fort d’Abidjan est devenu aphasique sur les crimes économiques de son organisation mafieuse, il n’entend pas abandonner son jeu favori : le pillage des ressources nationales au travers d’une gestion scabreuse et opaque des deniers publics. Comme lui même et sa famille, la plupart des collaborateurs de l’homme qui a été installé par la communauté internationale sont plus préoccupés par la bonne santé économique de leurs propres busines que par l’intérêt national. Dans ces conditions, l’on se demande si la signature, par les membres du gouvernement, de la charte d’éthique le 9 août 2011, n’était pas destinée à détourner les Ivoiriens des vrais défis de l’heure !

 

En moins de deux ans d’exercice du pouvoir Dramane Ouattara est en passe de décrocher la palme de la mauvaise gouvernance. L’affairisme des dignitaires du régime Ouattara n’a d’égal que son avidité, avec un mélange de genres à couper le souffle. Avec Ouattara, On peut être Président, Ministre et chef d’entreprises privées. Quelques exemples suffisent à éclairer les Ivoiriens sur la nature réelle du régime d’Abidjan.

 

Selon la « Lettre du Continent » le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Adama Toungara a séjourné à l’hôtel Pullman dans une suite de plusieurs pièces 16 mois durant au frais du trésor public avec une ardoise un milliards quatre cents quarante millions (1 440 000) francs, soit 90 millions de francs par mois. Bien qu’étant le premier responsable des hydrocarbures de la Côte d’Ivoire, Monsieur Tounkara continue de diriger deux sociétés privées dans le même secteur : Minepetro Ltd basée dans l’Etat du Delaware (Etats-Unis) et Ipetro installée en Côte d’Ivoire.

 

Madame Kandia Kamara,  ministre de l’éducation, qui a maille à partie avec la langue de Molière, a institué un système d’inscription en ligne juste pour extorquer des fonds aux pauvres parents d’élèves. Sans appel d’offres, la ministre a attribué le marché à la société CELPAID contrôlée par son collègue Mamadou Sanogo, ministre de la Construction et propriétaire de grandes écoles à Abidjan (Hetec et Agitel Formation). L’un et l’autre sont maintenus à leurs postes, sans gêne !

 

Monsieur Adama Bictogo, ex-ministre de l’Intégration, contrôle ISD Holding, la filiale ivoirienne de la société belge Zetes qui possède le marché des passeports biométriques en Côte d’Ivoire.  Il a réussi  par ailleurs à détourner une partie des sommes payées par Trafigura au titre du dédommagement des victimes des déchets toxiques déversés à divers endroits de la capitale économique en 2005. S’il a été démis de son poste de ministre, il n’a nullement été inquiété par la justice.

 

Comme si les ministres de Ouattara s’étaient passé le mot, ils rivalisent d’ingéniosité pour s’enrichir de façon illicite. C’est ainsi que dans le courant de l’année 2011, la ministre de la Salubrité, Anne Ouleto, a réussi à attribuer un marché de 60 milliards à Satarem, une société française en faillite. La levée de bouclier sur ce grossier scandale a contraint le ministère de l’économie et des finances à annuler ce marché de gré à gré. Aucune autre sanction n’a été prise à l’encontre des auteurs qui continuent de narguer les Ivoiriens.

 

La réhabilitation des universités a été une autre occasion pour le régime de montrer son aversion pour la transparence dans la gestion des affaires publiques. C’est donc sans surprise que les travaux ont été surfacturés dans le cadre d’un marché de gré à gré, de plus de 110 milliards de francs CFA, attribué à une entreprise non spécialisée dans le BTP. Plus le temps passe plus la supercherie se découvre avec des campus universitaires non fonctionnels. Le détournement des deniers publics n’a donné lieu qu’au limogeage du Directeur des Affaires Financières du Ministère de l’Enseignement Supérieur.

 

Dans le courant du mois de novembre 2012, le périodique satirique « L’Eléphant déchainé » a révélé avec force détail l’enrichissement fulgurant de Diby Koffi Charles, Ministre de l’Economie et des Finances. Non seulement l’intéressé n’a pas démenti les allégations graves du journal, mais le Chef de l’État non plus n’a eu d’autres gestes que de le déplacer au poste de ministre des affaires étrangères. Les services du Trésor public ont institué un prélèvement illégal de 20 à 30% sur les factures des fournisseurs de l’Etat. Une vielle pratique déjà décriée sous les régimes précédents avec des taux moindre (5 à 10%).

 

Tels sont les principaux actes de mal gouvernance révélés en dix huit mois de gestion du pouvoir. Si le Chef de l’Etat ne semble pas gêné par ces nombreux scandales et conflits d’intérêts c’est parce que ces pratiques constituent l’essence même de son pouvoir. Dans ces conditions il est disqualifié pour mener une quelconque opération mains propres contre les dignitaires du régime déchu. Il devrait s’inspirer de l’exemple de Laurent Gbagbo en la matière. Non seulement Gbagbo n’a pas jeté la pierre à ses prédécesseurs, mais il n’a pas hésité à saisir la justice même lorsque des soupçons de malversations ont pesé sur ses proches. « Avant de prétendre enlever la paille dans l’œil d’autrui, il faut d’abord enlever la poutre qui crève tes propres yeux», conseille la Parole de Dieu. Simple leçon d’humilité pour un régime qui traine autant de casseroles !

 Source: John K. Silué. Financier, NY

21:20 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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