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27/11/2012

Crisis Group tire sur Ouattara : "Il est grand temps pour la communauté internationale de dénoncer les dysfonctionnements du régime ivoirien actuel"

ICGQui l’eut cru, l’ONG International Crisis Group (ICG), qui a farouchement soutenu Dramane Ouattara dans la conquête du pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire, se retourne contre son poulain.

COMFORT ERO, Directrice du programme Afrique de ICG. « Il est grand temps pour les organisations africaines et la communauté internationale dans son ensemble de dénoncer publiquement et fermement les dysfonctionnements du régime ivoirien actuel ».

 

Nous vous livrons le Communiqué intégral de l’ONG International Crisis Group 

La coalition du président Alassane Ouattara semble reproduire les erreurs du passé, au risque d’entretenir un dangereux climat de polarisation et de provoquer, à terme, une nouvelle crise en Côte d’Ivoire. 

Côte d’Ivoire : faire baisser la pression, le dernier rapport de l’International Crisis Group, analyse les efforts du président Ouattara pour  améliorer la gouvernance après le conflit post-électoral de 2011 qui a coûté la vie à plus de 3 000 personnes. Ouattara fait à présent face à une résistance acharnée de la part des partisans de son adversaire aujourd’hui en prison, l’ancien président Laurent Gbagbo, tandis que l’appareil de sécurité demeure désorganisé. La révélation de l’émission d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale contre Simone Gbagbo, l’épouse de l’ancien président, va continuer à alimenter leur sentiment qu’une justice partiale est à l’œuvre. 

« Les récentes informations relatives à des violations massives des droits de l'homme par l’armée ivoirienne montrent l’absence de véritables progrès », explique Gilles Yabi, directeur du projet Afrique de l’Ouest de Crisis Group. « L’armée ivoirienne est divisée entre les forces de l’ancien régime et les ex-rebelles, et la position dominante de ces derniers entrave la réconciliation ». 

Pour attiser encore les tensions, l’armée est en concurrence avec des milliers de chasseurs traditionnels, les Dozos, qui jouent selon leurs propres règles un rôle dans la sécurisation du pays. Cette configuration de l’appareil militaire et milicien au service du pouvoir n’est pas bien accueillie par les populations et aggrave les tensions là où existent déjà des conflits fonciers intercommunautaires. 

Dans l’Ouest du pays, la frustration est croissante et encourage les jeunes à conserver leurs armes comme garanties de survie. Les perspectives de changement sont minces. Le dialogue entre le gouvernement et l’opposition est au point mort, éloignant les espoirs de réconciliation. Les partisans les plus extrémistes de Gbagbo, qui se sont exilés au Ghana et sont accusés d’y fomenter des attaques, nourrissent l’espoir de reprendre le pouvoir ou du moins de compromettre la paix dans leur pays. 

Un cercle vicieux est en marche. L’aile dure du parti présidentiel est convaincue de la nécessité de consolider sa victoire militaire et de maintenir une attitude répressive vis-à-vis de tous les représentants du camp Gbagbo. Il n’y aura pas de paix durable tant que la classe politique refusera de tirer les leçons du passé et continuera de reproduire les comportements qui ont conduit le pays au bord du gouffre. La volonté de Ouattara d’accorder la priorité à la croissance économique pour réduire le chômage et la pauvreté doit être saluée, mais elle ne peut se substituer à une politique de réconciliation nationale. 

Pour mettre fin à cette tendance inquiétante, le gouvernement ivoirien doit encourager les initiatives visant à promouvoir la coexistence et la collaboration entre les anciens membres des forces gouvernementales et les ex-rebelles intégrés dans l’armée nationale, à travers des formations, des travaux d’utilité publique et des exercices communs. 

« Le président Ouattara, le nouveau gouvernement et l’ensemble de la classe politique doivent résister à la tentation de l’arrogance du pouvoir et de la poursuite de politiques visant à inverser la discrimination dont ils ont été victimes sous l’ancien régime », explique Comfort Ero, directrice du programme Afrique de Crisis Group. « Il est grand temps pour les organisations africaines et la communauté internationale dans son ensemble de dénoncer publiquement et fermement les dysfonctionnements du régime ivoirien actuel ».

  

 

SOURCE : International Crisis Group

http://www.crisisgroup.org/fr/publication-type/communique...

 

14:22 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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