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12/10/2012

Découverte de charniers liés au massacre de Nahibly – Le régime de Ouattara s’oppose aux recherches

Nahibly attaqué par les FRCITrois puits remplis de cadavres et constituant visiblement des charniers, ont été découverts mercredi dernier à Duékoué, à la suite d’informations livrées par un rescapé du massacre de Nahibly. Hier jeudi 11 octobre 2012, l’exhumation des cadavres avait débuté en présence du procureur adjoint de Man quand ce dernier a unilatéralement interrompu les fouilles, sans que les deux autres puits où l’on apercevait des crânes humains n’aient été explorés. Que cache donc cette attitude du procureur?

C’est peu après 10 heures, hier jeudi 11 octobre 2012, que les exhumations des cadavres jetés dans trois puits dans les environs de l’usine de traitement d’eau au quartier «Toh Guéï», ont débuté en présence du procureur adjoint de Man, Olivier Bouaffou, du Commissaire de police et du Commandant de Brigade de Duekoué. Une fois sur les lieux, le procureur tient à l’écart et l’Onuci et les organisations de défense des droits de l’homme, notamment la Fidh. Les agents de la mairie réquisitionnés pour l’exhumation des corps des puits, peuvent alors débuter le travail, à l’abri des «regards indiscrets». Six corps sont extraits du puits numéro un. Des corps dans un état de putréfaction avancée, mais qui gardent encore leurs habits quasiment identifiables. A peine une quarantaine de minutes après le début des opérations de fouille et contre toute attente, le procureur adjoint de Man fait arrêter tout. Sans même que les fouilles n’aient débouché sur les deuxième et troisième puits situés à quelques pas du premier dans lequel les six premiers corps avaient été découverts. C’est un procureur excité et nerveux qui donne des ordres. «Arrêtez-moi tout», ordonne-t-il. Il demande à la force publique de dégager tout le monde du site au grand étonnement des représentants de l’Onuci et de la Fidh. Qui s’expliquent difficilement cette attitude de l’homme de droit. Plus grave, il demande à ce qu’on conduise ces corps illico au cimetière pour les enterrer.

 

La FIDH saisit le ministre de la Justice

«On ne peut pas inhumer ces corps sans un début d’enquête, sans même connaitre l’origine de leur mort», s’est indigné Florent Geel de la Fidh. Qui face au mutisme et à l’indifférence notoire affiché par le procureur adjoint de Man, joint directement le ministre de la Justice pour lui rapporter les faits. Et expliquer comment la justice tente de s’opposer au fait que les organisations des droits de l’homme fassent leur travail. Le ministère de la justice enjoint ledit procureur pour que ce dernier donne suite à la requête de la Fidh. Aussitôt, le procureur adjoint de Man demande à ce que finalement ces six corps soient conduits à la morgue, pour conservation. Mais n’autorise tout de même pas la poursuite des fouilles dans les deux autres puits qui n’ont jusque-là pas été «explorés». En quittant les lieux malgré eux, les quelques témoins ont pu apercevoir dans le deuxième puits trois crânes humains qui flottaient. Une preuve patente de ce que ces deux autres puits ont «recueilli» des cadavres du massacre de Nahibly. Les six corps ont été envoyés à la morgue où tout le monde s’est retrouvé. Malheureusement, les responsables de la morgue ont déclaré ne pas disposer du matériel adéquat pour la conservation de ces corps en putréfaction avancée. Finalement ces six corps, dont 5 hommes et une femme, sont exposés dans la cour de la morgue. En attendant l’arrivée de spécialistes qui arrivent aujourd’hui à Duekoué.

 

Ce que cache l’attitude du procureur

La suspension des fouilles par le procureur de la république adjoint de Man a surpris plus d’un. Et l’on s’interroge encore sur les raisons profondes de cette attitude. Comment un homme de droit a pu-t-il s’opposer à la manifestation de la vérité ? Il affirme avoir reçu des ordres. Voudrait-on empêcher que la vérité sur le massacre de Nahibly éclate au grand jour ? Manifestement oui. Sinon, comment comprendre que le procureur de la République adjoint empêche l’exhumation d’autres corps dans les deux autres puits jouxtant pratiquement le premier ? Les cadres Wê avaient évoqué environ 211 morts et de nombreux portés disparus, après la folie meurtrière du 20 juillet dernier. Quand le gouvernement martelait bec et ongle le chiffre de douze morts. Si trois charniers ont été découverts, qu’en est-il des nombreux disparus et de ceux qui ont été exécutés, selon des témoignages, dans la forêt ?

 

Le Gouvernement minimise la découverte du charnier

C’est par la voix du directeur de cabinet du ministre de la justice que le gouvernement s’exprimera. Tout en minimisant à la limite cette découverte, il a fait savoir qu’un médecin légiste se rendra sur les lieux et qu’une enquête est ouverte. Sans même évoquer la poursuite des fouilles sur les sites soupçonnés d’abriter des charniers. A Duekoué, c’est l’indignation au sein des populations.

 

Source : Franck Toti, In Nouveau Courrier

http://www.nouveaucourrier.info/2012/10/12/decouverte-de-...

 

19:40 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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