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02/10/2012

La justice ghanéenne oppose une fin de non-recevoir à la procédure d’extradition urgente de Katinan telle qu’exigée par Ouattara

Katinan porte parole de GbagboLes policiers de Ouattara rentrent bredouilles d’Accra. C’est le moins qu’on puisse dire à l’issue d’une journée de bataille juridique, politique et communicationnelle de ce qu’il convient d’appeler désormais dans la capitale ghanéenne: "THE KATINAN CASE".  Tout comme le 25 septembre 2012,  la justice du Ghana a eu raison de la volonté des autorités ivoiriennes de fouler au pied les règles élémentaires du droit.

Ce qui s’est réellement passé


Selon des sources proches de la défense de M. Katinan, les policiers ivoiriens qui avaient fait faux bond le samedi 29 septembre 2012, étaient attendus par Me Patrick Sobodjor, avocat de M. Katinan, avec les nouvelles  preuves de l’accusation de crimes de sang portée contre son client. Les policiers ivoiriens  dépêchés par le régime d’Abidjan ne se présentent pas à l’heure et au lieu indiqués ce lundi 1er octobre. Me Patrick Sobodjor quitte donc le bureau d’Interpol Ghana pour aller saisir les juridictions ghanéennes sur le caractère  illégal de la détention de son client par Interpol.

En son absence, les policiers dépêchés par le régime de Ouattara, avec à leur tête le Directeur d’Interpol Côte d’Ivoire, accourent et présentent un document au Ministre Justin Koné Katinan dans lequel ils l’accusent du meurtre de deux personnes et lui demandent  de signer l’acte d’accusation. Katinan refusa de signer un tel document en l’absence de son avocat et il leur demanda du meurtre de qui il était accusé. C’est à ce moment que les policiers venus d’Abidjan précisent qu’il s’agit de Kamagaté Seydou, 83 ans, un soudeur tué le 29 mars, ainsi qu’un certain Diabaté Drissa, 37 ans, un négociant à Port Bouet. Le Porte-parole de Gbagbo  a alors rétorqué qu’il ne se reconnaissait pas dans de telles accusations et qu’il ne dirait rien avant d’avoir parlé à son avocat.

Les policiers de Ouattara tentent le tout pour tout afin d’obtenir l’extradition cette nuit du lundi 1er octobre  par, disent-ils, la procédure simplifiée de « Police à Police » à cause du caractère criminel de la poursuite. Ce à quoi s’oppose naturellement la justice ghanéenne qui récupère l’affaire et exige de mener des enquêtes avant de déterminer si le statut de refugié du mis en cause et les lois ghanéennes peuvent permettre l’extradition de M. Katinan.

Katinan présenté au juge en présence des agents d’Interpol

Le juge devant lequel est ensuite présenté M. Katinan, le valeureux porte-parole  de Gbagbo, réclame les éléments d’accusation à Interpol Ghana. Les policiers ghanéens demandent un délai de deux semaines pour réunir auprès de leurs collègues ivoiriens accusateurs  qui visiblement n’étaient pas préparés à engager une nouvelle bataille judiciaire au Ghana comme lors de la première comparution du Ministre Justin Koné Katinan. La justice ghanéenne  a accepté ces deux semaines avant de se  prononcer sur cette autre nouvelle accusation de présumés crimes de sang après celle de crimes économiques portant sur 300 milliards soutirés, dit- on,  dans les coffres de la BCEAO d’Abidjan par Katinan.


Les envoyés de Ouattara rentrent bredouilles d’Accra

Malgré l’insistance des autorités ivoiriennes, la justice du pays de N’krumah maintint fermement sa position. Les hommes de Ouattara qui voulaient, soit enlever katinan, soit utiliser une procédure  dite simplifiée, sont de nouveau ramenés à la rigueur de la justice ghanéenne comme dans  la première affaire. C'est donc une grande victoire pour le conseil des avocats de M. Katinan qui a réussi à soustraire in extremis Katinan des griffes d’Interpol pour le soumettre à la justice ghanéenne qui  dans deux semaines sera amenée à jauger les nouvelles charges au regard des lois ghanéennes pour déterminer si le Porte-parole de Gbagbo peut faire l’objet d’extradition.



En conclusion, notons que le ministre Katinan ne sera pas extradé, en tout cas pas avant les deux semaines. Une fois encore la justice  ghanéenne a fait barrage aux exigences illégales et incongrues de Ouattara et de ses soutiens malgré les sommes importantes d’argent investies dans ce projet depuis plusieurs mois. Pour respecter toutes les règles de procédure judiciaire katinan sera, néanmoins, encore retenu non plus entre les mains d’Interpol  Ghana, mais de la justice ghanéenne pour démêler tous les nœuds  de cette rocambolesque affaire qui exposent le régime Ouattara à la honte internationale.

 

 

01:12 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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