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30/07/2012

Pleurons avec ce chansonnier de Duekoué à la suite du massacre de Nahibly

Mais c'est grave, l’heure est grave

Comment les Guéré, un peuple hospitalier

Qui a reçu tout le monde chez lui

Qui n'a jamais rejeté quelqu’un,

puisse subir une telle ignominie

 

Refrain :

Allez voir au quartier Carrefour les corps des Guéré sont couchés sur la route

Et il n'ya personne pour les enterrer

Allez voir dans les broussailles les corps des Guéré sont rependus

Comme on entasse des ordures

Allez voir à Nanady, le village n'existe plus

Allé voir à Guitrozon, le village est brulé

 

Aujourd'hui nous sommes refugiés chez nous-mêmes,

Aujourd’hui, nous sommes des déplacés sur nos terres ancestrales,  

 Nous, nous dormons sous des bâches

Tandis que ceux que nous avons accueillis dorment bien

 

Refrain :

 

Aujourd’hui, c'est notre dernier refuge qu’on brûle

Comment peut-on brûler une personne vivante

Et jeter son corps dans un puits perdu

C’est triste, c'est triste, Dieu est témoin.

 

Refrain :

 

Aujourd'hui, on nous réunit encore et on nous dit de pardonner

Aujourd'hui, on nous réunit encore et on nous dit d’oublier

Si je vais au quartier Carrefour trouverais-je encore ma mère ?

Et mes frères où sont-ils ; mes sœurs, où sont-elles ?

 

Refrain :

 

Qui me donnera les nouvelles, si je vais au village

A qui demanderais-je les nouvelles, si je vais au village

Qui me fera à manger si je vais au village

Mes frères et mes sœurs ne sont plus

 

Refrain :

 

Ce sont des corps de Guéré qui trainent comme ça

Et il n’y a personne pour les enterrer

Oh douleurs, oh douleurs !

Dieu est témoin ; Dieu est témoin

 


En écoutant le chansonnier traditionnel, tous ceux qui étaient à cette cérémonie se tapaient la poitrine et levaient les mains vers le ciel, à l’unisson. Je n’ai pas pu retenir mes larmes devant tant de douleurs. Que le Dieu de justice console la poignée de Guéré rescapée du génocide planifié. 

17:05 Écrit par Alain Doh Bi | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

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